Amérique, terre promise

 

 

 

A la fin de l'année 1848, deux familles décident de quitter leur sol natal pour l'Amérique. Il s'agit de celles de François Henri VONFLIE, de son fils Henri et de son gendre Roman Georges GROSS. Six adultes et trois enfants vont ainsi s'embarquer à travers un très long voyage les faisant traverser la France, puis l'Atlantique et enfin les plaines du Texas jusqu'à leur destination finale ... Castroville !

 

Dans la partie de gauche, vous trouverez l'Histoire de l'immigration alsacienne vers le Texas, et dans celle de droite l'histoire de ces deux familles, telle qu'elle nous est parvenue aujourd'hui !

 

 

 

Les Causes de l'Immigration

 

Les causes de l'immigration des Alsaciens vers les Etats-Unis sont nombreuses dans la première moitié du XIXe siècle, mais les plus importantes sont les crises agraires et industrielles, notamment celles de 1817 et de 1846-1848.

La disette de 1817, provoquée par les catastrophes naturelles de l'année précédente, provoque le départ de plus de 5.000 Alsaciens en moins de six mois.

Entre 1826 et 1828, une crise du coton frappe la région mulhousienne, et de nombreux haut-rhinois travaillant dans le textile (soit comme ouvrier dans les fabriques, soit comme fileur à domicile) se retrouvent au chômage plusieurs jours par semaine. La crise bancaire et financière qui frappe les Etats-Unis en 1837 freine un temps l'émigration, notamment celle qu'aurait pu provoquer la crise cotonnière de 1839.

En 1846, la crise industrielle touche toute l'Europe. A cela s'ajoute, notamment en Alsace, une crise agricole similaire à celle de 1817. Les récoltes sont insuffisantes, les prix ne cessent de grimper, la paupérisation gagne les campagnes.

Après 1850, c'est essentiellement le refus du service militaire qui motive les émigrants, la plupart des célibataires. Le mouvement touche moins les familles d'autant plus que les conditions économiques se stabilisent peu à peu.

Les familles GROSS et VONFLIE unirent leur destin en 1844 et 1845 par les mariages de Henri (1816-1855) avec Catherine GROSS (1819-1853), et de sa soeur Marie Anne (1820-1874) avec Roman Georges GROSS (1805-1867), le frère de Catherine. Il n'était pas rare en Alsace, que les frères marient les soeurs de leurs épouses et inversement.

Nous ne connaissons pas avec précision le niveau de vie et les revenus dont disposaient les deux familles. François Henri (1786-1867), le père d'Henri, a été tour à tour journalier, cultivateur et vigneron, mais il n'a jamais dû posséder une parcelle importante de terre. Son père était maître d'école et par conséquent ne s'est jamais établi durablement à quelque part en achetant un bout de terrain. Henri est mentionné dans les actes comme cultivateur et son beau-frère comme fermier à Gundolsheim. Bien que la terre est très fertile dans le village, la grandeur de leur parcelle ne devait que suffire aux besoins de leurs familles et il n'était pas rare qu'ils travaillent pour les vignerons locaux et qu'ils louent leur force de travail à des paysans plus importants comme journalier.

Vivant de la terre, ils furent touchés de plein fouet par la crise économique de 1846-1848, et c'est certainement pour éviter la famine qu'ils décidèrent de quitter la région pour l'Amérique.

 

 

 

Le Rôle d'Henri Castro

 

En février 1842, Henri Castro signe avec le gouvernement texan une concession de terres au Sud-Ouest de San Antonio. Charge à lui d'y installer des colons et de faire fructifier ces terrains. Le système des emprassarios (mot espagnol désignant un entrepreneur) date de la présence mexicaine au Texas, et il est rapidement adopté par le gouvernement texan pour coloniser rapidement les terres ; les emprassarios n'achètent pas les terres, ils les reçoivent gratuitement mais doivent rapidement faire venir des colons sans quoi elles retournent à l'Etat. Si le contrat est rempli dans les temps, les colons doivent rétrocéder une moitié des terres reçues. Henri Castro s'engage ainsi à faire venir 600 familles en deux ans et demi.

 

Castro rentre en France et y fonde la « Société de Colonisation européenne américaine ». Les premiers colons ne sont pas Alsaciens ; ils viennent de la Meuse, du Doubs, de la Haute Saône et de la région parisienne. Mais, la guerre éclate entre le Texas et le Mexique, et Henri Castro se tourne vers d'autres régions françaises pour y recruter des colons, évitant ainsi les salons parisiens où sa réputation décline fortement.

 

A partir de l'été 1843, il lance une vaste campagne publicitaire vantant les bienfaits du Texas. A la fin de l'année, c'est plus de 70 familles alsaciennes qui s'embarquent pour l'Amérique. Le succès est rapide, mais les autorités françaises et alsaciennes voient d'un mauvais oil les activités de Castro dans la région. Malgré une campagne de dénigrements, le recrutement continue en 1844 : en avril-mai 1844, ce sont 44 familles qui partent.

Après bien des péripéties, les premiers colons fondent Castroville le 12 septembre 1844. La moitié d'entre eux sont Alsaciens. Une église y est rapidement construite et les premières familles s'installent. Henri Castro qui est loin d'avoir rempli son contrat, s'empresse de revenir en France pour continuer son recrutement.

Pendant qu'il était au Texas, Henri Castro est jugé pour escroquerie à Strasbourg et condamné à 5 ans de prison et une forte amende. De retour en Alsace, il fait appel du jugement et en août 1845, il est réhabilité ayant apporté les preuves de la création de sa colonie, la distribution des terres et les témoignages des premiers colons.

A la fin de l'année 1844, alors que le premier jugement a déjà été rendu, ce sont plus de 100 familles alsaciennes qui partent. Après le jugement en appel, Catro relance une campagne publicitaire. Mais celle-ci ne fait pas beaucoup effet. Seules une quarantaine de familles embarquent en 1845 et 1846. Dès l'été 1846, Castro termine sa campagne de recrutement, loin d'atteindre le nombre de colons requis pour remplir son contrat.

Cependant, entre 1847 et 1849, 36 familles décident de rejoindre la colonie par leurs propres moyens. Au total, entre 1843 et 1849, ce sont 372 familles alsaciennes qui partent pour le Texas, mais tous ne s'installent pas sur la concession de Castro, et nombreux sont ceux qui se fixent ailleurs devant les difficultés rencontrés.

Les deux familles eurent certainement connaissance des campagnes de Castro dès 1843, mais ils attendirent l'année 1848 pour se décider à partir.

En 1844, Roman GROSS épousa Marie Anne VONFLIE, et l'année suivante Henri VONFLIE épousa Catherine GROSS. Les premiers nés ne tardèrent pas à venir, et même si les conditions de vie étaient difficiles, partir avec des enfants en bas-âge mettraient leurs vies en péril. Le 21 septembre 1847, Catherine donnait naissance à une fille, Catherine, qui ne survécut que 7 mois.

 

La situation économique empirait de plus en plus, et les conditions de vie, peut-être à l'origine du décès de la petite Catherine, devenaient de plus en plus difficile.

Peut-être à bout de force, ou pour éviter de se retrouver dans une situation intenable, les deux familles se décidèrent de rejoindre leurs confrères alsaciens sur les terres d'Henri Castro. De nombreux habitants du Gundolsheim et des villages voisins de Niederentzen et d'Oberentzen étaient déjà partis, et encourageaient leurs cousins alsaciens de venir les rejoindre.

 

Les candidats au départ étaient :

François Henri VONFLIE (1786-1867) alors âgé de 62 ans et son épouse Marguerite née BALLMER (1783-1860) âgée de 65 ans que tout le monde décrivait comme une femme d'exception et d'un fort tempéremment. Malgré leur âge avancé, François Henri et Marguerite préféraient partir, accompagner leurs enfants dans les épreuves qu'ils allaient traverser.

Henri VONFLIE (1816-1855) âgé de 32 ans, son épouse Catherine née GROSS (1819-1853) âgée de 29 ans, et leur fille Marie Barbe (1846-1919) de deux ans.

Roman Georges GROSS (1805-1867) alors âgé de 43 ans, son épouse Marie Anne née VONFLIE (1820-1874) âgée de 28 ans, et de leurs deux enfants Marie Anne (1845-1940), trois ans en 1848, et Georges (1848-1867) qui venait de naître dans l'année.

 

Henri CASTRO

(1786-1865)

 

 

 

Les Formalités administratives

 

Pour sortir du territoire cantonal, tout voyageur doit être muni d'un passeport qui sert à garantir l'identité du voyageur. Entre 1815 et 1870, c'est le décret du 10 vendémiaire de l'An IV qui réglemente la délivrance des passeports.

Le passeport à l'intérieur est délivré par le maire de la commune de résidence, mais pour un passeport vers l'étranger, la démarche administrative est un peu plus longue : la demande est déposée à la mairie qui le transmet au préfet du département qui soumet l'autorisation aux ministères de l'Intérieur à Paris.

Même si avant 1860, la législation change assez souvent, il est toujours demandé aux émigrants de s'être acquitté de ses dettes, des impôts et de pouvoir subvenir financièrement à son voyage.

A partir de 1828, les préfets sont autorisés à délivrer les passeports sans passer par Paris, et entre 1860 et 1870, les passeports sont supprimés avec bon nombre de pays voisins, et en 1868 avec les Etats-Unis.

 

Les maires jouent un rôle central dans la délivrance des passeports. Certains sont accusés de favoriser le départ d'habitants indésirables, d'autres de complaisance avec les imprésarios. Ils sont plusieurs fois avertis par les préfets pour limiter les départs vers l'étranger. Les démarches auprès des mairies restent cependant très formelles, et même sans délivrance de passeport, de nombreux émigrants partent illégalement.

Les VONFLIE et les GROSS n'eurent aucun mal à obtenir leurs passeports pour le départ. La situation économique était devenue telle que les pouvoirs locaux ne faisaient plus d'objection pour le départ des volontaires pour le Nouveau Monde. D'autant plus que la situation politique était quelque peu confuse en France : la révolution de février 1848 avait créée une instabilité politique, où la Deuxième République avait dû mal à trouver ses marques. Les soucis financiers de l'Etat avaient désorganisé son administration, et de ce fait, les autorités étaient moins regardantes sur l'attribution des passeports.

 

Les deux familles obtinrent leurs passeports pour l'Amérique le 15 novembre 1848, mais leurs démarches avaient certainement été entamées dès mai, après le décès de la petite Catherine.

 

Au même moment, de nombreux passeports furent délivrés à Gundolsheim et dans les villages environnants, et c'est certainement en profitant d'un départ de "masse" (cette "masse" est bien sûr à relativiser ... car elle n'atteint pas la centaine d'émigrants) qu'ils partirent.

 

Cependant, c'est en émigrants indépendants qu'ils partirent, et non sous contrat avec Henri CASTRO. En effet, ses campagnes avaient cessés en 1846, mais l'attraction de sa colonie au Texas était telle qu'elle attirait encore de nombreux Alsaciens.

 

 

 

Le Voyage vers le Havre

 

L'un d'une étape principale sur la route du Texas, est le port du Havre. Quelque soit l'époque, Le Havre a toujours été fréquenté par les Alsaciens, la ville étant un port d'importation du coton américain qui partait en direction des régions rhénanes. En retour, les émigrants alsaciens s'embarquaient sur les navires cotonniers à vide de marchandise.

 

En outre, Le Havre offre des certains avantages que n'ont pas les ports étrangers : la traversée est plus courte, elle est directe, sans escale, les émigrants ne montent qu'au moment du départ, seul un passeport est national pour atteindre le port, .

 

Depuis l'Alsace, le transport vers Le Havre se fait essentiellement en chariot à coton revenant à vide de Bâle (pour le Haut-Rhin) ou de Strasbourg (pour le Bas-Rhin). Les chariots sont littéralement investis par les familles qui emmènent tous les ustensiles et l'alimentation nécessaire au voyage et à leurs premiers jours sur le sol américain. Ils traversent la France de part en part marquant ainsi l'imagination de ceux qu'ils croisent sur la route. Certains s'arrêtent à Paris un jour ou deux, ne serait-ce que pour pouvoir profiter de la capitale avant de s'embarquer pour l'aventure.

Les six adultes et les trois enfants VONFLIE-GROSS profitèrent certainement des convois allant chercher le coton au Havre pour s'y rendre. La proximité de Gundolsheim avec les villes textiles de Guebwiller, Thann et Mulhouse expliquant certainement le choix du port de départ.

 

 

 

 

La Traversée de l'Atlantique

 

Une fois arrivée au Havre, les émigrants doivent trouver un voilier en direction de leur destination, ou du moins du port le plus proche. Les prix pratiqués par les armateurs varient de l'un à l'autre selon les services qu'ils peuvent offrir ; dans les années 1840, le prix d'une traversée avec vivre se situe autour de 150 francs, et d'une centaine de francs sans les vivres.

 

Les émigrants embarquent juste avant le départ, le navire n'étant pas obligé d'attendre la marée ou un vent favorable au Havre.

 

La traversée de l'Atlantique a très largement été rapporté par les historiens et les romanciers. La meilleure période est d'avril à septembre, au moment où l'océan est le plus calme et les tempêtes moins nombreuses. Les conditions météorologiques ne sont pas les seuls maux que peuvent connaître les passagers ; les épidémies font aussi des ravages (choléra, typhus, variole, .). En mars 1849, le port du Havre est même touché de plein fouet par une épidémie de choléra, et les préfets alsaciens prient les maires ne plus accorder de passeports.

 

La traversée dure en moyenne une vingtaine de jours pour aller à New York et une trentaine pour La Nouvelle Orléans.

 

Les VONFLIE-GROSS obtiennent donc leurs passeports en novembre 1848. Emportant avec eux le strict minimum, ils rejoignent rapidement le Havre pour embarquer tout début janvier 1849 sur le SS Gironde.

 

 

Selon le rapport de débarquement (voir ci-dessous dans les sources), le navire transporta 195 passagers, pour la plupart Français et Allemands. Certains sont notifiés comme des Bavarois, mais sont des Alsaciens. Tel est le cas pour les GROSS et VONFLIE. L'orthographe des VONFLIE n'a pas été identifié par l'auteur du document original, mais les prénoms et les âges concordent parfaitement.

 

 

La traversée a certainement dû être très pénible pour nos Alsaciens ... Sur une mer déchaînée par les tempêtes hivernales, Catherine est enceinte de plusieurs mois, et accouche très certainement durant la traversée.

 

 

Le navire accoste à La Nouvelle Orléans le 7 février 1849, date exacte où est déclarée la naissance de Henri ... Il est fort probable qu'il soit né en fait durant la traversée, ce qui lui laisse présager une destiné hors du commun !

 

 

 

 

 

L'Arrivée à la Nouvelle Orléans

 

La Nouvelle Orléans n'est que la deuxième destination des Alsaciens en Amérique, après New-York.

Il est conseillé d'y arriver pendant la saison froide. Cela permet d'éviter les risques de fièvres jaunes et de choléras, la ville étant situé dans le Delta du Mississipi et presque sous le Tropique du Cancer. A partir de juin, les activités sur le port cessent et les habitants fuient la contagion en remontant le fleuve. De décembre à avril, la ville est saine, et les immigrants, qui sont les plus vulnérables à ce genre de fièvres, sont relativement épargnés.

A la Nouvelle Orléans, on y parle encore beaucoup le français, au grand dam des immigrants alsaciens non francophones.

Si la traversée a été éprouvante (tempêtes et accouchement), l'arrivée en février à la Nouvelle Orléans évite aux familles les épidémies de fièvre jaune qui touche régulièrement la ville.

Pourtant, les deux familles vont rester un peu moins d'une année dans la ville avant de poursuivre le voyage. L'accouchement a rendu la santé de Catherine très fragile, et le nouveau né est peut-être un prématuré dont les chances de survie deviendraient faibles si le voyage devait se poursuivre pour le moment.

Les familles se retrouvaient peut-être sans ressources financières ... Le voyage avait dû leur coûter une fortune, et un peu de travail sur le port de la Nouvelle Orléans leur permettrait de gagner de quoi aller à Castroville.

 

 

 

De la Nouvelle Orléans à Castroville

 

De la Nouvelle Orléans à Castroville, il y a à peu près 900 km à vol d'oiseau ! Près de 1.200 en passant par le Golfe du Mexique et de la cote à la colonie de Castro. Si le voyage en bateau est relativement aisé, de nombreux navires commercent entre les différents ports du Golfe, de la Nouvelle Orléans jusqu'au Mexique, le voyage sur la terre ferme est plus difficile. Les grands ports texans de l'époque sont Port Arthur, à la limite de la Louisiane, Gavelston, situé non loin de Houston, de nombreux bateaux provenant du Havre y débarquent, et Corpus Christi à l'embouchure de la rivière Nueces. Mais tout le littoral est parsemé de petits ports protégés dans les nombreuses baies de la cote texane : Freeport, Palacios, Port Lavaca (la plupart des colons alsaciens passèrent par ce village portuaire), Seadrifft (dans la baie de San Antonio), . La plupart sont situés en bordure des marécages, et les conditions de vie y sont particulièrement difficiles.

 

Une fois débarqué dans l'un de ces ports, l'immigrant doit trouver un chariot et des boufs pour le transport de ses affaires. Les premiers alsaciens se virent prêter ces chariots par Castro qui avait des impératifs de colonisation à respecter. Mais une fois, ses objectifs atteints, ou plutôt à la fin de ses contrats d'emprassario, les colons suivants durent se débrouiller par leurs propres moyens. Ceux qui n'avaient pas suffisamment d'économie, durent rester sur place ou travailler dans ces différents ports le temps de gagner leur voyage vers l'intérieur des terres. Les conditions de vie dans ces ports étaient difficiles, les fièvres étaient fréquentes et les pluies et tempêtes estivales particulièrement ravageuses. De nombreux immigrants durent chasser ou pêcher pour assurer les besoins de leurs familles. Port Lavaca était réputé pour l'allure rustique et primitive des ses cabanes, et son manque de structure d'accueil.

 

La distance entre Port Lavaca et Castroville est d'environ deux cinquante kilomètres . comptez presque le double pour vous faire une idée de la distance à parcourir en chariot ! Quand le temps le permettait (en saison sèche), des convois étaient organisés. En décembre, les pluies diluviennes rendaient la piste impraticable.

Les chariots étaient en bois, recouvertes de toile de bâches ou de peaux tendues sur des cerceaux en métal . pour les plus confortables. Les charrettes mexicaines avaient la réputation d'être particulièrement inconfortables avec leurs roues en bois plein. Bref . remémorez-vous les westerns cinématographiques et vous vous ferez une idée assez exacte du type de transport utilisé.

Pour atteindre Victoria, à une cinquantaine de kilomètre de Port Lavaca, il fallait une douzaine de jours en suivant la rivière et en subissant les attaques des moustiques, les rencontres avec les alligators et les serpents. La piste était souvent mauvaise, et les trous mettaient à rude épreuve les roues des chariots. Puis, les marécages laissaient la place à la prairie, avec ses forêts de chênes bas et de bosquets, et ses sous-bois très giboyeux. Les rencontres avec les Indiens Lipans n'étaient pas rares et la plupart du temps très pacifiques.

 

Après deux mois et demi, les immigrants arrivaient à San Antonio, pour les premiers colons, puis à Castroville (directement à Castroville pour les suivants).

 

Certains colons, victimes de désagréments durant le voyage (chariot cassé, maladie, fièvre, attaques de maraudeurs mexicains, etc .) renonçaient à s'aventurer plus loin dans les terres et retournaient sur les côtes. Mais la promesse de bonnes terres donnaient du courage à tous ceux qui avaient quitté leur terre natale en emmenant tout avec eux. Entre 1843 et 1849, sur les 1.120 alsaciens (hommes, femmes et enfants) seuls 285 rejoignirent la colonie, soit à peine un quart. Les autres renoncèrent de s'aventurer plus loin et restèrent sur les côtes ou s'établirent ailleurs, plus au sud pour certains, plus au nord pour d'autres.

Une fois la santé de la mère et de l'enfant renforcées, les VONFLIE-GROSS reprennent leur voyage, en direction de Port Lavaca dans un premier temps puis pour Castroville.

 

Ils arrivent à Castroville en mars 1850, après deux mois et demi de piste et deux à trois semaines de bateau (entre La Nouvelle Orléans et Port Lavaca), sans compter le temps d'attente pour attendre qu'un convoi les emmène à leur destination.

 

 

Malgré les difficultés qu'ils purent rencontrés (accident, maladie, attaques de maraudeurs mexicains ou d'Indiens, ...), ils ne renoncèrent jamais, et c'est tous ensemble qu'ils arrivèrent à Castroville.

 

 

L'une des premières choses qu'ils firent lorsqu'ils arrivèrent, ce fut d'aller baptiser le petit Henri, alors âgé d'un an. C'est assez étonnant d'avoir attendu si longtemps avant de le baptiser. La tradition alsacienne et catholique veut qu'un enfant soit baptiser le plus rapidement après sa naissance, la mortalité infantile étant très importante à l'époque. Ce n'est pas par manque d'église catholique pourtant, la Nouvelle Orléans, ancienne colonie française en est largement pourvue. Peut-être que ses parents essayèrent de lui trouver un curé parlant l'allemand ou voulurent absolument le faire baptiser au sein de la communauté alsacienne de Castroville, les motivant ainsi dans leur voyage.

 

 

 

 

L'Installation

 

Castroville est officiellement créée le 12 septembre 1844 par un acte de fondation signé par les premiers colons. Une église est rapidement construite et consacrée à Saint-Louis, roi de France. La moitié des immigrants sont alsaciens, les autres sont des Français « de l'intérieur » ou des Allemands. Fin novembre, la colonie atteint 63 foyers. En 1850, elle est composée de 76 familles sur Castroville plus 83 autres réparties sur l'ensemble du territoire (à Quihi, Vandenburg, d'Hanis et le long de la rivière Médina notamment), soit 753 habitants. La proportion de familles alsaciennes est de 45% environ.

 

La loi de colonisation stipulait que pour prendre légalement possession de la terre, le colon devait y avoir résidé pendant au moins trois ans, avoir construit une maison et exploité quinze arpents de terre. Pour mettre fin à cette lourdeur administrative, le candidat ne dut que se présenter avec deux garants, témoins d'appartenance du programme de Castro. Les terres furent données directement aux colons et non à Castro, le privant ainsi de plus de la moitié des terres qu'on lui avait promise. Entre 1850 et 1854, trois commissaires accordèrent des titres de propriétés. Certains colons se rendirent propriétaires de plusieurs centaines d'acres et les revendirent aux nouveaux venus. Au terme des contrats, Henri Castro récupéra plus de 150.000 acres, mais la plupart furent saisis par ses créanciers.

Les familles s'installent rapidement ... du moins pour les critères de l'époque ! En effet, ce n'est que le 18 mai 1850 que le père et le fils VONFLIE, François-Henri et Henri achètent leurs lopins de terre, à savoir respectivement les lots n° 4 et 5, black n° 6, rangée n° 9, pour 20 dollars le lot. Un peu plus tard, Henri rachèta le lot n°6, situé juste à côté du sien et de son père. Ces lots sont situés au coin de Lafayette Street et de la Eight Street.

 

Le plan de Castroville est à l'image de nombreuses villes américaines. Les rues sont parallèles les unes aux autres et forment un damier, avec des parcelles et des blocks de même surface. En achetant des surfaces les unes à côté des autres, le père et le fils, et j'imagine que le beau-frère dut s'installer à proximité, il était plus facile d'exploiter ensemble les parcelles.

 

Henri acheta aussi un terrain de 320 acres à Francisco Perez dans la Francisco Creek, à une douzaine de kilomètres au Sud de la colonie. C'est à partir de 1854 qu'il s'établit là-bas, pour y faire de l'élevage, plus rentable que d'exploiter sa parcelle de terre arable à Castroville.

 

 

 

Les Conditions de vie

 

La climat de Castroville est chaud en été (jusqu'à 40°C en été) et sec et doux en hiver. La neige y est rare. La ville est située dans une vallée entourée de collines, entre les premiers escarpements des Rocheuses (au Nord-Ouest) et les prairies texanes (au Sud-Est). Le temps y est très agréable et comparable au climat méditerrané.

 

La première chose que doit faire un colon lorsqu'il arrive à Castroville, c'est de s'acheter un lopin de terre. La procédure, nous l'avons vu, se simplifie rapidement, et elle est relativement rapide. Avec son titre de propriété en poche, il s'installe avec sa famille et se construit rapidement un abri : pour les plus fortunés, une maison en pierre, pour la plupart une cabane faite en bois recouverte de joncs tules ou d'herbes de la prairie, et pour les plus modestes, une toile de tente et des piquets. La maison devait avant tout servir à abriter le matériel et les victuailles en attendant les récoltes futures et l'agrandissement de la propriété !

La plan des maisons était rectangulaire et ne comportaient pas plus de 4 pièces : une grande cuisine faisant office de séjour courant le long de la façade, une ou deux chambres et d'une pièce où l'on entreposait les provisions. Parfois un sous-sol permettait de garder au frais les aliments. Loin de ressembler au style alsacien, les maisons sont comparables à l'habitat traditionnel irlandais.

 

La terre était bonne, et l'on pouvait y vivre de la culture de maïs et d'autres céréales, de la canne à sucre, du coton et du tabac. Autour des maisons, on plantait des arbres fruitiers, des jardins potagers (où l'on cultive abondamment la pomme de terre et les haricots) et la vigne native donnait un peu de bon vin, ou au pire du bon vinaigre. Avoir un peu de bétail était toujours un plus pour avoir du lait ou un peu de viande. Un cheval était nécessaire pour les labours et le transport (contrairement à l'Alsace, le Texas est très très très grand et les distances sont très longues). La chasse assurait un apport régulier en viande. Des colons s'étaient fait une spécialité dans la chasse (l'Alsacien n'est pas un chasseur naturel et l'emploi des armes à feu lui était quelque peu étranger). Les échanges avec les Indiens leur apportaient aussi du gibier en quantité suffisante.

 

La Medina et tous les petits ruisseaux de la région donnent de l'eau aussi bien aux hommes qu'aux bêtes. Même si les cours s'asséchaient régulièrement, des puits assuraient l'alimentation en eau. Des citernes permettaient de récupérer l'eau de pluie. Cependant, même si les sécheresses touchaient assez peu les hommes, les cultures en pâtissaient énormément, notamment en 1848. L'année suivante, c'est une invasion de sauterelles qui dévasta les récoltes. Heureusement, les conditions climatiques permirent une seconde récolte et sauvèrent la colonie de la famine.

 

L'élevage s'imposa rapidement comme plus rentable que l'agriculture, et de nombreux ranchs virent le jour au Texas. En cinq ans (1850-1855), le nombre de têtes fut multiplié par sept dans le comté. Cependant, Castroville ne possédait pas de gros élevages, mais d'anciens colons devinrent des cow-boys, parcourant des distances incroyables avec le bétail.

 

Castroville en 1847 comptait pas moins de quatre magasins tous bien achalandés, et l'on pouvait y acheter tous les produits de première nécessité non alimentaires. Mais la richesse de la colonie provenait principalement de la terre. Or, après la Guerre de Sécession (1861-1865), les produits industriels, tout en améliorant les conditions de vie, augmentèrent le coût de la vie en menaçant ainsi le système autarcique de la ville. Certains colons se reconvertirent dans des emplois plus stables, dont certains en convoyeur. Avec l'arrivée du chemin de fer, dont les habitants de Castroville refusèrent de payer son passage au vue des émoluments demandés par la compagnie de transport ferroviaire, les habitants du Comté prirent consciences de se regrouper en association et groupes de pression politique. The Farmer's Alliance crée en 1879 allait améliorer le quotidien des agriculteurs en leur apportant technologie, entre aide et débouchés économiques.

 

Les maladies et les épidémies frappaient régulièrement la colonie : fièvre jaune et choléra en 1848 et 1850, diphtérie dans les années 1865 . La dysenterie touchait essentiellement les voyageurs (comme aujourd'hui). Les serpents (le crotale et le congo notamment) mordaient régulièrement les paysans dans leurs champs. En 1887, soixante dix pour cent des maladies mortelles étaient dus à la tuberculose. Même si les Comtés de Bexar et de Médina étaient réputés pour leur climat propice à la guérison des maladies pulmonaires, les déplacements s'effectuaient la plupart du temps à pieds et l'on traversait les rivières à la nage ou à gué dans le meilleur des cas !

 

La vie religieuse à Castroville, comme en Alsace, rythme les grands moments de la vie des immigrants. Dès ses débuts, l'Eglise catholique a été associée à la fondation de la colonie. Monseigneur Jean-Marie Odin recueillis les immigrés alsaciens et les installa provisoirement à Houston. Il fut bien évidemment invité à poser la première de l'église Saint-Louis à Castroville.

Après quelques démêlés judiciaires avec son premier curé, les habitants de Castroville accueillirent l'abbé Dubuis en 1846, originaire de Lyon et dont le voyage fut financé par Castro lui-même. Dans un premier temps, l'accueil ne fut pas enthousiaste. Francophone dans une communauté germanophone, il dut se contenter d'une cabane inachevée infectée par la vermine et grouillant de scorpions. Cependant, il se révéla rapidement un prêtre admirable, actif et dévoué. Il apprit l'allemand, créa une école et y enseigna. En gagnant la confiance des paroissiens, le curé s'imposa comme un rassembleur, un conseiller et un confesseur, et de ce fait, devint un personnage central de la vie de la communauté.

L'assiduité des colons aux messes était devenue telle que la construction d'un nouvel édifice s'imposait de lui-même. Trop pauvres pour donner leur argent, les paroissiens étaient par contre volontaires pour participer physiquement à sa construction. Aidé de l'abbé Domenech, l'abbé Dubuis trouva les fonds nécessaires à l'achat des matériaux et tous les habitants participèrent à l'édification. La nouvelle église fut inaugurée le dimanche de Pâques 1850.

Après six années de bons et loyaux services au sein de la communauté catholique, l'abbé Dubuis fut appelé pour devenir évêque de San Antonio. Il ne manqua pas de prévenir son successeur qu'il devait être capable de mener une vie de privation et d'avoir le courage de parcourir des dizaines de miles pour rendre visite à ses paroissiens dispersés dans tout le comté.

En 1852, un groupe de douze luthériens, dont la plupart venant d'Allemagne, créèrent la première église luthérienne du Texas à Castroville.

Les conditions de vie de Castroville furent particulièrement difficile pour les familles GROSS-VONFLIE, et fatales pour certains de ses membres.

Le 9 février 1851, Catherine accoucha de Mary Catherine, première VONFLIE à être née à Castroville et certainement sur le sol américain (Henri Junior étant certainement né sur le navire qui les avait emmené à la Nouvelle Orléans). Peu de temps après, c'est sa belle soeur Marie Anne qui donna naissance à Roman le 2 août. L'année suivante, Marie Anne vit le jour le 28 février 1852 (ou le 7 mars ... on ne sait pas trop), fille de Catherine et d'Henri. Ces naissances laissèrent présager d'un retour à la normale du cours de la vie.

 

Malheureusement, ce retour à la normale fut de courte durée. En novembre 1852, Mary Catherine décéda brusquement à l'âge de 17 mois. Cependant, ce décès, même s'il affecta les parents, faisait partie des choses de la vie. Lle 6 novembre 1853, Catherine accoucha d'une petite Anne May Catherine qui ne vécut que quelques jours. Epuisée par un accouchement certainement difficile et par les complications qui s'en suivirent, Catherine ne devait pas survivre à sa fille et s'éteignit en décembre de la même année. Elle n'avait que 34 ans, et seuls trois de ses six enfants avaient survécu.

 

 

Henri dut s'occuper seul de ses trois enfants, et c'est probablement à cette époque qu'il partit pour la Francisco Creek, laissant ses parents à Castroville. Ceux-ci avaient alors 67 et 70 ans.

 

Nous ne connaissons pas trop les conditions matériels dans lesquels la petite famille survécut. A la mort d'Henri en 1855, tué par des Indiens (voir plus bas), l'inventaire de ses biens faisait état de :

- une maison et deux lots à Castroville

- une maison à Francisco Perez avec 320 acres de terrain

- 30 têtes de bétail

- 1 cheval

- 1 poney

- 2 colts

- 19 porcs

- 3 boeufs de labour

- 1 vieux charriot (peut-être celui qui les avait conduit à Castroville)

- 1 charrue

- une part de récolte de maïs

- des meubles, des ustensiles de cuisine et des outils de jardin

 

Cet inventaire laisse sous-entendre qu'il gagnait relativement bien sa vie pour avoir pu avoir autant de têtes de bétail et de nombreux porcs. En tout cas, bien plus que ce qu'il aurait pu espérer avoir un jour en restant en Alsace.

 

En dehors des morts brutales, de la mortalité infantile et des décès lors des accouchements, les autres membres de la famille vécurent relativement vieux ; François-Henri s'éteignit à l'âge de 81 ans, son épouse Marguerite à 77 ans, Marie Barbe, fille ainée de Henri et Catherine, à 73 ans (en 1919), Mary Anne à 62 ans (en 1914) et Henri Junior (ou Henry) à l'âge de 95 ans (en 1944).

 

Sans descendance, Henry fut le plus jeune VONFLIE à avoir foulé le sol américain et le dernier à le quitter. Mais entre sa naissance chaotique sur l'Atlantique et son décès, il ména une vie difficile mais combien trépidante de convoyeur, faisant de lui une des figures les plus marquantes de l'histoire du Texas, et dont les exploits nous sont encore parvenus aujourd'hui.

 

 

L'Abbé Dubuis

 

 

 

Cohabitation avec les Amérindiens

 

Les communautés amérindiennes au Texas dans les années 1840 sont aussi multiples et diverses que sur le reste du Continent nord-américain. Nous y trouvons des Caddos au Nord-Est dans la région des Pinay Woods, des tribus Karankawa le long du Golfe du Mexique qui avaient la réputation d'être anthropophages, des bandes de Coahuiltecans dans la zone semi désertique au Sud de San Antonio, vivant de la chasse et de cueillettes, plus au nord, les Tonkawas étaient de redoutables chasseurs et des pécheurs émérites, des Apaches, réputés pour leurs raids entre le Nebraska et le Mexique, des Comanches nomades des plaines du Texas, vivant aux rythmes des migrations des bisons dont toute leur vie en dépendait, des Cherokees, dont le degré de civilisation et l'assimilation des progrès des blancs leurs permirent de créer des villages, jusqu'à être chassé dans l'Oklahoma en 1819 et enfin des Indiens Lipans et Delawares, situés surtout au sud de San Antonio, et dont l'histoire n'a été qu'une suite de déplacements.

 

Les relations entre les premiers colons alsaciens et les Amérindiens se passent relativement bien. Les Indiens Lipans notamment leur fournissent du gibier en abondance contre d'autres produits alimentaires et des boissons. On les disait plus volontiers voleurs que meurtriers, et il n'était pas rare que l'un d'eux kidnappe l'un ou l'autre colon dans le seul but de le dépouiller. Mais cela n'allait pas plus loin. Les Lipans craignaient les représailles, et entretenaient de bons rapports avec les hommes blancs. Pacifistes convaincus, ils aimaient les chants et la musique des églises, et on leur demandait souvent conseil pour la culture et l'usage des plantes médicinales.

 

Si les premières années se passèrent sans accros majeurs entre les différentes tribus amérindiennes et les communautés blanches, à partir de 1849, la situation changea de tout au tout. Se sentant de plus en plus menacés par la colonisation, les Indiens, essentiellement des Apaches et des Commanches, lancèrent des raids sur des fermes isolées et les petites communautés comme d'Hanis ou Quihi. En une année, on dénombra pas moins de 171 morts dans tout le Texas. Les problèmes avec les Amérindiens persistèrent jusqu'aux années 1876-1877, mais firent plus de morts et de destruction du côté indien que du côté des colons.

 

Durant cette période trouble, certains bons rapports se sont maintenus avec certaines tribus comme les Lipans. Mais, les tensions entre les communautés blanches et les tribus Amérindiennes venaient surtout d'une différence de conception du monde : pour les uns, la terre devait être possédé et exploité, et pour les autres, la terre était libre et ne devait appartenir à personne. Deux conceptions qui firent le malheur des tribus indiennes.

Nous ne savons pas si les VONFLIE et les GROSS eurent quelques bons rapports avec les Amérindiens de la région de Castroville, mais les seules traces de leurs rencontres furent fatales à nos cousins alsaciens.

 

Depuis 1849, les raids indiens terrorisaient les petites communautés dispersées sur la colonie, et les fermes isolées étaient la proie idéale de ces attaques. Lorsqu'en 1854, Henri VONFLIE s'installa à Francisco Perez sur ces 320 acres de terre pour y faire de l'élevage, il devait savoir qu'il s'exposait dangereusement aux Indiens.

 

Le 23 septembre 1855, vers les neuf heures du soir, Henri sortit pour aller faire boire les bêtes à la rivière. Il fut blessé mortellement par une flèche indienne, et sa dernière réaction fut de retourner à la maison, s'emparer de son colt, qui était au-dessus du lit du jeune Henri, et d'effrayer les maraudeurs en tirant à tout va. Le raid n'alla pas plus loin, et les Indiens s'enfuyèrent.

 

Un voisin, John BOSELY avait passé la soirée avec la petite famille, et put aller chercher de l'aide dans une ferme voisine, celle de Joseph BADER, à un mile de distance. Le docteur WEISSELEY et le révérend DUBUIS furent aussitôt appelés. Le lendemain à 7 heure du matin, le révérend donna les derniers sacrements à Henri qui mourrut peu de temps après.

 

Cette attaque laissa orphelins les jeunes Marie Barbe 9 ans, Henri 6 ans et Marie Anne 3 ans.

 

Les raids indiens devaient se poursuivre encore quelques années dans la région jusqu'à ce que le calme revienne enfin à la fin des années 1870.

 

Le 11 juillet 1867, alors qu'ils revenaient d'une affaire à San Antonio, Romanus Georges GROSS et son fils Georges, furent massacrés par les Indiens. Ils avaient respectivement 62 et 19 ans.

 

On ne sait pas si lors de ses convoyages, Henry VONFLIE (1849-1944) rencontra de nombreux Indiens, et s'il a eu à maille à partir avec eux. Cependant, dans les récits qui parlent de lui, il est plus question de voleurs, de maradeurs qui en veulent à ses convois, que d'Indiens !

 

 

 

Arbre généalogique

 

 

 

 

Cartes

 

De Gundolsheim à Castroville, y'a quand même une sacrée trotte ! Jugez-en un peu avec ces cartes !

 

 

 

 

Sources et bibliographie

 

Bibliographie :

Janine ERNY. - ... et parmi les pionniers du Far West il y avait des Alsaciens. - Illkirch-Graffenstaden : Le Verger éditeur, 1999.

Nicolas FOUCHE. - Emigration alsacienne aux Etats-Unis 1815-1870. - Paris : Plubications de la Sorbonne, 1992.

Norman LAYBOURN. - L'Emigration des Alsaciens et des Lorrains du XVIIIe au XXe siècle. - Strasbourg : Presses Universitaires de Strasbourg, 1990. - 2 volumes.

L.-P. LUTTEN (sous la direction de). - Castroville, Texas. - Strasbourg : Buen & Reumaux, 1986.

Saisons d'Alsace, n°115, Printemps 1992. - Strasbourg : La Nuée bleue, 1993.

 

Sources :

Yvonne A. LUDWIG. - From Alsace to Texas, The Gross and Vonflie Families, Their destiny fulfilled. - Castroville.

Archives Municipales de Gundolsheim

Archives Municipales de Biltzheim

 

Ressources sur Internet :

http://immigrantships.net/1800/geronde18490207.html

http://freepages.genealogy.rootsweb.com/~margaretsimpson/index.htm

 

Liens utiles sur Internet :

Texas Beyond History

Castroville Texas, A Touch of Alsace France !

Castroville "The Little Alsace of Texas"

City of Castroville, The Little Alsace of Texas

 

Sources d'inspiration :

Les BO de la série Deadwood et du film O'Brother des frères Coen. Sans oublier Johnny Cash, Muddy Waters, John Lee Hooker, Lightning Hopkins et le grand Sonny Boy Williamson.